La grossophobie : à partir de quand devient-on grossophobe ?

La grossophobie, c’est la nouvelle forme de discrimination à la mode. Parce qu’aujourd’hui, l’être humain n’est pas capable d’assumer sa différence, alors il préfère dire qu’on l’empêche de l’assumer…

Dans cet article, je vais vous présenter les formes de discrimination qui touchent les personnes grosses/ obèses et vous partagerai mon opinion sur la question : définition, témoignages, contexte sociologique, perspectives, légitimité, et caetera.

Mais avant toute chose, avant de crier au scandale et à l’intolérance, pensons à prendre du recul, à lever le nez pour cesser de se regarder le nombril, et à faire preuve d’empathie. Et d’esprit critique aussi. 

Grossophobie : définition

Définition fondée sur des interventions de militants

« Grossophobie »… dit comme ça, ça semble assez clair : c’est la discrimination des gros, ou le fait de traiter quelqu’un différemment uniquement parce qu’il est gros. Mais c’est un peu plus complexe, et surtout plus large (sans mauvais jeu de mot). La grossophobie, c’est aussi tout ce qui va à l’encontre des personnes grosses, en surpoids, obèses, que ce soit volontaire ou involontaire. Ce sont les regards des gens sur un corps obèse, leur attitude vis-à-vis de la personne en surpoids, les remarques déplacées et injures, le fait de traiter une personne grosse différemment ; mais aussi, beaucoup plus généralement, tout ce qui rappelle à la personne grosse qu’elle n’entre pas dans une forme de normalité, qu’elle est exclue de la norme.

On dira donc d’une personne qu’elle est grossophobe si elle méprise quelqu’un uniquement parce qu’il est gros, et/ ou si elle fait culpabiliser un gros d’être gros. Et on parlera d’une politique grossophobe si l’espace public n’est pas adapté aux personnes obèses. Par exemple, le mobilier urbain, les assises dans les transports en commun qui sont trop étroites pour accueillir quelqu’un aux dimensions très généreuses relèvent de la grossophobie car ils excluent les gros de la norme.

Je tiens toutefois à faire remarquer que seule une victime peut parler de grossophobie, car celle-ci dépend uniquement d’un ressenti. J’entends par là qu’une personne n’étant pas dérangée par son surpoids n’ira pas s’insurger si elle se trouve à l’étroit sur son fauteuil du TGV, et n’ira pas accuser la SNCF d’être grossophobe car elle n’a pas pensé à faire des fauteuils plus larges. Tout est question de point de vue et de ressenti personnel. C’est là la difficulté.

 

Témoignage : une victime de grossophobie parle de sa souffrance quotidienne

Je vous partage ici le témoignage émouvant d’une femme, assez représentatif de ce que j’ai pu visionner ou lire. Le discours de cette femme est émouvant, on ne peut qu’éprouver de la compassion pour elle. Mais est-ce suffisant pour légitimer son combat ?

 

Quelle légitimité pour ce combat ?

Grossophobie : une discrimination au sens strict du terme ?

Si vous avez lu mon article sur The Red Pill, vous l’avez deviné : je regarde avec un œil très critique tout ce qui rentre dans la catégorie devenue fourre-tout de « discrimination »…

En effet, tout et n’importe quoi peut être dit « discriminant ». Aujourd’hui, « discriminer » a une connotation terriblement négative alors qu’il s’agit originellement de choisir un critère pour opérer un tri et faire des catégories logiques. Ainsi, les enfants en bas âge apprennent à  discriminer les couleurs, les formes, les tailles… Au passage, l’apprentissage de la catégorisation est une composante essentielle dans la formation de notre esprit réflexif et logique.

Or, aujourd’hui, si on doit résumer grossièrement, on dira que discriminer c’est faire remarquer à quelqu’un qu’il se distingue par des caractéristiques propres. Et ça, on n’a pas le droit. Non, non ! On n’a plus le droit de dire de quelqu’un qu’il est différent de nous par peur de le froisser, de le vexer, d’atteindre son amour propre. Nous sommes dans une culture de la norme, à cheval entre ce besoin d’être comme les autres, tout en étant unique. Difficile d’exister dans un tel contexte. De ce fait, on s’interdira de dire à une personne que non, elle ne peut pas rentrer dans ce métro bondé parce qu’elle n’y a pas la place. La différence entre la discrimination et le simple constat est mince.

grossophobie

La grossophobie est-elle un ressenti ou une réalité ?

On dira qu’un constat se veut neutre et objectif quand la discrimination est empreinte d’un jugement de valeur, d’une atteinte à l’intégrité de la personne. La question qui reste est : qui peut décider de la connotation d’une remarque ? La « victime », en grande partie. Il suffit pour cela d’écouter les militants anti-grossophobie : ils parlent avec leurs émotions et leurs ressentis. Ils se sont sentis jugés et rabaissés par une situation qui – on ne le sait pas – pouvait être neutre. Au final, et comme pour tout, l’attaque subie peut être remise en question.

Alors quoi ? On ne va contester le fait qu’une personne souffre. On va faire preuve d’empathie et essayer de ménager les susceptibilités de chacun. Ce qui n’implique pas, je crois, de modifier des structures sociétales pour plaire à chaque catégorie de personne, afin de ménager toutes les susceptibilités. On ne s’en sortirait jamais ! Et c’est bien pour cela qu’intervient l’idée de « norme », bien qu’elle induise l’effet pervers de vouloir en faire partie.

Toutefois, je tiens à repréciser qu’il n’est pas question de dire qu’il n’existe aucune forme de violence subie par les personnes obèses, ou que celles-ci ne souffrent pas. La société est sclérosée et génère de nombreuses violences, à tous égards, à tous propos. Nous sommes les victimes et les bourreaux.

 

Discrimination et grossophobie : que dit la loi ?

Définition de la discrimination dans le cadre légal

Le code pénal a été revu en 2016 pour proposer une définition plus qu’exhaustive :

« Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de leur situation économique, apparente ou connue de son auteur, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur perte d’autonomie, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée.

Constitue également une discrimination toute distinction opérée entre les personnes morales sur le fondement de l’origine, du sexe, de la situation de famille, de la grossesse, de l’apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de la situation économique, apparente ou connue de son auteur, du patronyme, du lieu de résidence, de l’état de santé, de la perte d’autonomie, du handicap, des caractéristiques génétiques, des mœurs, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, de l’âge, des opinions politiques, des activités syndicales, de la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée des membres ou de certains membres de ces personnes morales. »

Des cas de figures précis

Heureusement pour nous, la loi prévoit des cas de figures précis, que tout le monde ne garde pas forcément à l’esprit. Au regard de la loi, être coupable de discrimination c’est :

« 1° A refuser la fourniture d’un bien ou d’un service ;

2° A entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque ;

3° A refuser d’embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne ;

4° A subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service à une condition fondée sur l’un des éléments visés à l’article 225-1 ou prévue à aux articles 225-1-1 ou 225-1-2 ;

5° A subordonner une offre d’emploi, une demande de stage ou une période de formation en entreprise à une condition fondée sur l’un des éléments visés à l’article 225-1 ou prévue aux articles 225-1-1 ou 225-1-2 ;

6° A refuser d’accepter une personne à l’un des stages visés par le 2° de l’article L. 412-8 du code de la sécurité sociale. »

Si vous êtes reconnus coupables de discrimination, vous serez punis de 3 ans de prison et 45 000€ d’amende. Mais encore une fois, la loi prévoit des exceptions :

Et des exceptions : « Les dispositions de l’article précédent ne sont pas applicables :

1° Aux discriminations fondées sur l’état de santé, lorsqu’elles consistent en des opérations ayant pour objet la prévention et la couverture du risque décès, des risques portant atteinte à l’intégrité physique de la personne ou des risques d’incapacité de travail ou d’invalidité. […];

2° Aux discriminations fondées sur l’état de santé ou le handicap, lorsqu’elles consistent en un refus d’embauche ou un licenciement fondé sur l’inaptitude médicalement constatée […];

3° Aux discriminations fondées, en matière d’embauche, sur un motif mentionné à l’article 225-1 du présent code, lorsqu’un tel motif constitue une exigence professionnelle essentielle et déterminante et pour autant que l’objectif soit légitime et l’exigence proportionnée ;

4° Aux discriminations fondées, en matière d’accès aux biens et services, sur le sexe lorsque cette discrimination est justifiée par la protection des victimes de violences à caractère sexuel, des considérations liées au respect de la vie privée et de la décence, la promotion de l’égalité des sexes ou des intérêts des hommes ou des femmes, la liberté d’association ou l’organisation d’activités sportives ;

5° Aux refus d’embauche fondés sur la nationalité lorsqu’ils résultent de l’application des dispositions statutaires relatives à la fonction publique ;

6° Aux discriminations liées au lieu de résidence lorsque la personne chargée de la fourniture d’un bien ou service se trouve en situation de danger manifeste.

Les mesures prises en faveur des personnes résidant dans certaines zones géographiques et visant à favoriser l’égalité de traitement ne constituent pas une discrimination. »

La loi s’appuie bien sur des faits avérés, constatables et constatés. Elle ne met pas en doute la souffrance et les ressentis de chacun. On n’est donc pas coupable de discrimination si on dit à un gros qu’il est gros. En revanche, on est malpoli, con ou encore certainement mal éduqué.

 

Grossophobie : un phénomène de société parmi d’autres ?

Grossophobie et amour propre

A mon sens, si la tendance actuelle est d’accuser les autres d’intolérance, c’est parce que nos amours propres sont mis à rude épreuve. Il y a toujours eu des standards favorisés selon les époques et leurs valeurs associées, c’est sociétal. Ainsi, quand les paysannes du Moyen Age et de la Renaissance, maigrichonnes et bronzées, étaient jugées repoussantes, les femmes bien grasses et bien blanches étaient courues. Les rondeurs de Marilyne Monroe étaient élevées au rang d’atout séduction suprême avant que les grands couturiers ne mettent en avant les femmes très grandes et très minces. Et depuis peu, ce sont les physiques sportifs qui sont mis en avant – les fameuses « fitgirls ». Attention ! Je parle bien de mode, et non de norme !

Or, l’avènement des réseaux sociaux pousse notre génération à confondre la mode et la norme. C’est ainsi que des gens normaux comme moi se mettent à déprimer  à force de se comparer à ces personnes qui affichent une plastique irréprochable sur Instagram, Facebook, Youtube… Alors que se dira une personne obèse ? Je ne suis pas dans sa tête, mais on peut aisément deviner qu’elle se comparera, déprimera ou râlera contre les standards actuels. Car elle aussi voudrait être admirée! Elle aussi voudrait faire partie de cette hybride mode/ norme.

Au final, je crois que le combat contre la grossophobie n’est rien d’autre que l’expression d’un complexe partagé par un groupe de personne assez grand, mais pas assez représentatif pour faire évoluer, bouger les lignes de la norme/ mode actuelle.

 

Y a-t-il jugement ou peur d’être jugé ?

Ce qui revient le plus dans l’argumentaire des victimes de grossophobie, c’est l’idée d’être jugé. « On me donne des conseils », « tout ne monde s’improvise docteur ou nutritionniste », « on m’insulte, on me déshumanise », « on me regarde », « je passe une mauvaise soirée parce que le tabouret sur lequel je suis assise ne va peut-être pas supporter mon poids »… Je ne peux que compatir… Et soupirer en même temps.

C’est bien connu, on est plus susceptible quand on a quelque chose à se reprocher. Une personne complexée vivra mal tout ce qui se référera à son mal-être. C’est de la psychologie basique. La personne complexée analyse constamment le monde qui l’entoure jusqu’à la limite de la paranoïa. Quand on a un trou dans son pantalon et qu’on essaie de le cacher, on a l’impression que tout le monde remarque qu’il y a quelque chose de bizarre. On a L’IMPRESSION.

Je ne dis pas qu’aucun jugement n’est posé sur ces personnes. Mais je dis qu’il y a bien moins de jugements qu’elles ne le croient. Il faut bien garder une chose en tête : nous sommes tous essentiellement égoïstes. C’est notre nature. On va regarder l’autre, mais on ne pense à rien d’autre que soi. Je ne veux pas vous choquer mais sachez une chose : si vous êtes gros, on s’en fout. Ce n’est pas notre problème. Tout au plus, on aura de la compassion si vous exprimer votre mal-être.

Je crois que l’effet de groupe n’aide pas les militants à prendre du recul sur la situation. Avant même le jugement des autres, il y a son propre jugement, puis la peur d’être jugé par les autres. Les militants, ainsi, se conditionnent et modifient leur perception du monde qui les entoure.

 

S’accepter ou se faire accepter ?

Je m’insurge toujours quand j’entends quelqu’un se plaindre d’être regardé, pour une raison ou pour une autre. Dans la rue, tout le monde regarde tout le monde. Si on prend plus de place, si on est plus extravagant, c’est logique d’attirer davantage de regards. Nous sommes, de toute façon, dans une société du paraître et de l’image, qu’on le veuille ou non. Quelle que soit notre force mentale et notre résistance aux pressions sociales, nous ne pouvons y échapper, à moins de partir vivre en ermite. Mais, comme je le disais plus haut, la rue est bien moins cruelle qu’on nous le dit. Les gens, dehors, vivent leur vie et se moquent pas mal de ce qui les entoure.

Sur internet, malheureusement, c’est bien différent, et je le reconnais. Internet est une jungle où tous les coups sont permis, où les bas instincts de méchanceté propres à l’homme sont légion. Se faire accepter quand on entre pas dans le standard valorisé est très difficile et la tendance vient à se regrouper par communautés pour préserver son amour propre et se faire accepter pour s’accepter.

 

Quelles perspectives d’avenir ?

La grossophobie, le mal du siècle digital

La grossophobie telle qu’elle est dénoncée n’est rien d’autre que l’expression du mal d’amour propre provoqué par l’avènement des réseaux sociaux et de la société de consommation. Ce combat est aussi légitime que n’importe quel autre. Une Youtubeuse aux cheveux rose qui se rase les sourcils une Instagrameuse aux goûts excentriques seront insultées au même titre qu’une femme obèse qui porte une robe près du corps. Et alors quoi ? On ne parlera pas de discrimination car elles n’appartiennent pas à une communauté plus large, plus nombreuse. Elles vivent pourtant la même chose que ce qui est dénoncé par les militantes : le regard des autres, le jugement, la difficulté à s’accepter, l’intolérance… Ce sont des maux qui traversent notre société, que l’on soit trop gros, ou trop maigre, roux, blond, brun, grand, petit ou tout ce que vous voulez.

Pour cette raison, je pense que ce débat n’a pas lieu d’être et qu’il n’a aucune perspective d’avenir. Alors de deux choses l’une : soit on lui donne de la légitimité, et c’est la porte ouverte à absolument toutes les revendications, quitte à basculer dans l’absurde discrimination positive, et de recommencer la boucle à l’infini. Soit on devient un peu raisonnables et on fait preuve de pragmatisme.

Ce combat aura au moins le mérite d’exprimer au travers d’un exemple précis ce dont notre société a cruellement besoin : le respect. Mais une fois encore, c’est valable pour tout.

 

Grossophobie et santé publique

Enfin, si pour moi ce combat n’a aucune perspective d’avenir, c’est parce qu’il flirte avec des questions de santé publique : quelle que soit la raison du surpoids, faut-il pour autant le banaliser ? N’oublions pas que celui-ci est lié à des questions de santé : soit c’est une maladie qui a causé le surpoids, soit c’est le surpoids qui cause des maladies…

Les militants dénoncent une médecine grossophobe, des généralistes non formés à soigner des corps obèses, des docteurs qui manquent de tact et donc, à la clé, un sentiment d’humiliation du patient. Je ne remets pas en doute l’humiliation et le mal-être des patients mais je fais remarquer encore et toujours la même chose : l’obésité n’étant pas la norme, seuls quelques rares spécialistes peuvent s’occuper correctement de tels patients… comme pour d’autres patients qui sortent de la norme !

Les parents de mon élève autiste non verbal ne crient pas à la discrimination parce que les généralistes ne sont pas formés à soigner un patient qui ne s’exprime pas ! Non, ils sont certes obligés de se résigner mais ont bien intégré les spécificités de leur enfant et s’adressent à des spécialistes qui s’occupent très bien de leur enfant. Et je suis la première à regretter toutes les difficultés auxquelles ils sont confrontent. Mais c’est  ainsi, et il est impossible de faire rentrer dans une filière généraliste pour les spécificités. Les médecins ne sont pas spécialistes en tout.

Pour ce qui est du manque de tact… on en a tous été victimes à un moment ou à un autre.

 

Conclusion

Je crois qu’on fait passer pour discriminant un choix qui nous remet en cause et qui touche notre ego et que le terme de « grossophobie », couplé avec « discrimination » est un abus de langage.

Dans ce débat, seules les victimes peuvent s’exprimer sur le sujet. Rares sont les droits de réponse… Car il n’y a rien à répondre à cela ! Il s’agit là d’un simple déversement de pathos et d’un appel à l’empathie et au respect. C’est-à-dire des principes applicables à tous et à toute situation.

Je déplore l’importance que les medias donnent à ce genre de polémique stérile, oubliant le problème de fond : notre société manque d’éducation, de tolérance, de respect. Point. Stop à la victimisation.

Et pour finir, je regrette que mon discours et mon humble avis ne soient jugés d’emblée grossophobe car je ne cautionne pas le fait de reprocher aux autres ce que l’on fait subir à d’autres groupes ou d’autres personnes… et car je ne suis pas assez grosse!

grossophobie

Mais après tout, ceci n’est que mon avis… et j’ai hâte de connaître le votre.

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